Voici un mail que j'ai reçu. Je l'ai renvoyé illico à une amie Québécoise. Vous pouvez voir ses commentaires
en bleu. Hilarant !
Livre. Deux journalistes canadiens décryptent le fossé entre Français et
Nord-Américains.
Ces drôles de Frenchies, mode d'emploi
par Emmanuelle PEYRET
QUOTIDIEN : lundi 21 novembre
2005
Quelle étrange peuplade formons-nous aux yeux des Américains, auxquels ce livre doit servir de
guide quand ils s'aventurent sur cette terre où le canard vivant sur pattes côtoie le bocal avec
son foie, où les habitants prennent des pauses déjeuner d'une heure et demie en travaillant 35
heures,[Annabelle] (ah oui, ça, c'est vraiment
incroyable! Comment vous faites pour faire tout ce que vous avez à faire si vous travaillez si peu
!) où on s'attend à ce que l'Etat s'occupe de tout puisqu'on y paye tant d'impôts,
où le sens de l'élite le dispute à l'art de l'éloquence, etc.
Oublions sans rancune les clichés et avisons, avec ce sens si français de
l'autodérision, cette terre de french paradoxes décrite par un couple de journalistes canadiens
qui nous a étudiés pendant deux ans, Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow. Il leur a fallu
faire deux versions de Pas si fous ces Français !, une pour les Américains, l'autre pour les
Français (Seuil). C'est dire le fossé qui nous sépare. Jean-Benoît Nadeau nous en
livre quelques raisons.
Aborigènes
« Les Français sont leurs propres aborigènes, au
sens de peuple originel. C'est ce qui explique qu'ils puissent être si résolument modernes et si
férocement archaïques. Ils ont inventé le Concorde mais continuent à produire des
fromages à moisissure comme le roquefort, ils paient avec une carte à puce mais leur droit
pénal applique certains principes datant de l'Inquisition.»
Banlieue
« Terme intraduisible, voire incompréhensible pour un francophone
d'Amérique, pour qui une banlieue est une petite ville satellite BCBG c'est le coeur des villes qui
est habituellement pourri. C'est dans leurs banlieues que les Français ont parqué les
laissés-pour-compte de leur société. Ils vivent dans un autre francicisme : les
cités ne désignent pas une ville comme chez nous, mais une implantation de HLM.»[Annabelle] Très vrai. Pour nous, les pauvres vivent dans des
quartiers délabrés du centre-ville, tandis que les riches vivent dans les banlieues en
général.
Couple
« Le couple américain typique cherche à donner une image
d'harmonie. Pour les Français, si un couple ne se contredit pas, il est suspect. Il ne renâcle pas
à se disputer en public, voire à prendre un tiers comme témoin. C'est assez bizarre au
début, mais on s'y fait.»[Annabelle] Incroyable! C'est vrai ça ? Chez nous, c'est de très mauvais goût de se
disputer en public ! J'en serais horrifiée.
French kiss
« Les Français sont tellement associés au sexe que nous
avons été assez surpris de distinguer une certaine pruderie. On aime discuter des vertus de la
sodomie entre copains-copines à table, mais il n'y a pas de mot français pour le french kiss,
à part le très curieux "rouler une pelle".»[Annabelle] c'est quoi ça, rouler une pelle !!! Vous êtes
donc bien bizarres ! ;) par contre, au Canada anglais, on dit à la blague: "tonsil hockey"
(hockey d'amygdales!)
Ecole de pensée
« En France, toute pensée se monte vite meringue
(beaucoup d'air pour un peu de substance, ndlr). Cela commence par la familiarité, on dit Bové,
DSK, PPDA, Sarko. Ensuite, on passe à l'isme : le chevènementisme, le chiraquisme, le jospinisme.
Cela monte ensuite à l'adjectif : on devient fabiusien, bourdivin, pompidolien. Les
privilégiés passent à la planète : il y eut la Mitterrandie, il y a la
Chiraquie.»
Grandeur
« Il faut voir un bureau de ministre pour saisir à quel point les
Français aiment le pompeux. Un bon maire est un demi-maire : maire-député, ou
maire-ministre, c'est-à-dire à temps partiel partout. Il est absent les trois quarts du temps,
mais quand il est là, il est grand. En tout, ils veulent un grand : un abbé Pierre qui est
monsieur Pauvreté, un Bové qui est monsieur Paysan-radical, un Pivot qui est monsieur Langue.
Là, ils sont nerveux, ils attendent le monsieur Messie et il n'y a personne au portillon. Alors, ils
blâment les élites.»
Homme
« Pour un Nord-Américain, l'homme accompli à la
française est une tapette.[Annabelle] (très vrai) Un homme, cela ne fait pas de poésie, pas de
littérature, cela ne soigne pas trop son apparence. Un homme, cela doit avoir des biffetons gros comme
ça, ça parle fort, c'est un peu beauf, très cow-boy Marlboro. Ce malentendu sur ce qui
définit la virilité est une des sources de mépris mutuel entre Français et
Nord-Américains.»[Annabelle] Ça, c'est très vrai pour les nord-américains qui n'ont jamais
voyagé. Le type « indiana jones », homme fort qui va venir sauver la belle, c'est le «
man's man ». De mon côté, j'apprécie bien les deux types d'hommes...
Jobs
« Ce qui frappe, c'est le peu de jeunes faisant des petits boulots. On a connu
des bacs + 5 qui n'ont jamais bossé de leur vie. Le jeune de 16 ans que l'on voit au comptoir de
l'épicerie, c'est soit un fils de pauvre, soit le fils de l'épicier qui remplace son père
une heure. Pas étonnant que votre chômage des jeunes soit si fort.»[Annabelle] Ça, c'est aussi très étonnant! Je ne
connais personne au Québec qui n'a pas eu des petits boulots d'édudiants (weekends seulements) :
vendeurs dans des boutiques, réceptionnistes, travailler à l'épicerie, dans les camps de
vacances, etc. Mais alors, si vous ne travaillez pas, ou prenez-vous votre fric pour sortir et que faites vous
durant les vacances d'été ?
Manif
« Les Français protestent bien davantage que les Américains, et
les manifestations constituent un élément essentiel du tissu social : quel que soit leur milieu,
les Français ne connaissent aucune inhibition lorsqu'il s'agit d'exposer leur opinion dans la rue. Leur
système est autoritaire, voire autiste, alors la rue est un forum de protestation socialement acceptable.
Tous montent à Paris, ce qui augmente encore la visibilité des manifs.»
Poulet avec les pattes
« Les étals de boucherie montrent des parties
d'animaux que l'on cache en Amérique : la langue, les pattes, la tête, le ris (que l'on mange). De
même, on croise souvent la bête vivante à côté de son foie en pot. Les
Français ne voient rien de dégoûtant dans le fait que ce qu'ils mangent respirait encore il
y a peu. Impensable en Amérique où personne n'ose suggérer la moindre relation entre un
animal et un plat.»[Annabelle] Ça, par contre, j'aime beaucoup mieux la manière française. Surtout
à travailler dans l'industrie, je trouve ça tellement con que les nord-américains croient
que leur viande aie « poussé » dans l'assiette de styrofoam à l'épicerie, et
qu'ils soient dégoûtés de penser que ça vient d'un animal...
Typique
« Le Parisien qui corrige son interlocuteur québécois
même s'il le comprend.[Annabelle] (oui, et c'est ça
qui fait enrager les québécois! Tu sais qu'à la fin des années 80, on se faisait
dire que nos films québécois étaient souvent re-traduits en « français de
France » parce que personne ne nous comprenait ! L'insulte !!! Mais je dois avouer que les Anglais font la
même chose avec l'anglais des Nord-Américains...)
Le vendeur de fruits qui ne veut pas qu'on les touche. La femme qui laisse son chien chier devant ma porte.
Le pressing qui ferme à l'heure du déjeuner. Le boulanger qui ferme le lundi-mardi ou le
jeudi-vendredi. José Bové. La gauche. La droite. Vos films télé et vos journaux sans
pub. Vos trains à l'heure. Votre système de santé sans file d'attente. Vos taxis
hypertechniques, mais rares. Vos services publics.»[Annabelle] c'est vraiment drôle
ça.
Volets
« Objet courant d'une maison française dont la fonction n'est pas
seulement décorative. Les Français perdent un temps fou à les ouvrir et les refermer pour
des raisons obscures : pour dormir, mais alors pourquoi les fermer dans le salon ; parce que c'est plus chaud,
mais les 3 centimes épargnés en chauffage sont évacués par l'action d'ouvrir la
fenêtre ; pour ventiler, mais alors pourquoi ne pas ouvrir la fenêtre ?»
[Annabelle] ça sert vraiment à quelque chose des
volets?! Moi je croyais que ce n'était qu'une décoration ! Je peux te guarantir que n'importe
quelle maison au Québec qui a des volets ne s'en sert pas. La maison de mes parents quand j'étais
jeune en avait des volets, mais ils étaient a) trop petits pour la grandeur de la fenêtre, et b)
cloués au mur, à côté de la fenêtre !